Les origines du mal

Témoin des guerres civiles qui ont ensanglanté le Salvador dès la fin des années 70 jusqu’en 1992, Christian Poveda, reporter-photographe franco-espagnol, y noua des liens affectifs forts. Mais l’ampleur de la violence qui commençait à gangréner ce pays d’Amérique centrale, cristallisée par le phénomène des bandes urbaines, les pandillas, incita Christian Poveda a retourné dans son pays d’adoption en 2004 pour un ultime état des lieux accablant : les deux principales pandillas, la mara salvatrucha et la mara 18, sont les symptômes visibles d’une frange importante de la population exclue socialement, assoiffée de respect et de dignité.

Nés dans les quartiers pauvres de los Angeles aux Etats-Unis d’Amérique, la mara salvatrucha (MS ) et la mara 18 (18) ne sont que des bandes d’enfants des rues unis pour la défense de leur territoire. Leurs parents, immigrants exilés d’Amérique centrale et du Mexique, sont souvent accaparés par un travail de subsistance au dehors. D’une entente cordiale, les relations entre la MS et la 18 s’envenimèrent dans les années 90 pour des raisons obscures. Le déchainement d’agressions et d’actes de délinquance poussèrent les autorités américaines à rapatrier les pandilleros dans leur pays d’origine. Les pandilleros déportés s’associèrent aux pandilleros locales englués dans l’extrême dénuement.

Aujourd’hui la MS et la 18 forment deux réseaux transnationaux qui existent localement au sein des « clikas», des bandes unies par une identité sociale exclusive.

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